La France a l’intention de cesser d’importer du soja, de l’huile de palme, de la viande bovine, du bois et d’autres produits liés à la déforestation et à l’agriculture non durable d’ici 2030. La nouvelle stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée reposera sur le principe de dissocier le développement économique de la coupe des arbres et de l’agriculture non durable dans les pays les plus pauvres.

Non à l’importation de certains produits agricoles

La France entend aider les entreprises à atteindre leurs propres objectifs en matière de lutte contre l’importation de produits liés à la déforestation. Elle incite également les opérateurs financiers à prendre en compte les questions environnementales et sociales dans les décisions d’investissement.

L’importation européenne des produits agricoles sont responsables de plus d’un tiers de la déforestation, estime la France. Notamment, la viande bovine, le soja d’Amérique latine à l’huile de palme d’Asie du Sud-est, en passant par le cacao d’Afrique.

L’UE, acteur économique mondial majeur, a la responsabilité importante de montrer l’exemple », a-t-elle souligné. L’Union européenne, ainsi que la France, devraient de ce fait adopter rapidement des mesures pour réduire l’impact de leur consommation sur la déforestation.

Le président brésilien pointé du doigt

La stratégie française s’inscrit également dans un contexte d’inquiétude croissante face à l’augmentation de la déforestation dans la plus grande forêt tropicale humide du monde, l’Amazonie.

La déforestation en Amazonie a effectivement doublé au cours des trois mois de la saison électorale présidentielle, selon les chiffres provisoires. Le nouveau président, Jair Bolsonaro, disait pourtant vouloir construire une autoroute dans la forêt. Il s’est également engagé à modifier les lois environnementales en faveur des agriculteurs et des exploitants forestiers.

Soutien des États membres

La superficie mondiale occupée par la faune a diminué de 129 millions d’hectares, soit deux fois la superficie de la France, entre 1990 et 2015, selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture.

« L’UE et d’autres doivent faire de même, car la France ne peut pas lutter seule contre la déforestation », a déclaré mercredi Nicole Polsterer, militante de l’ONG environnementale Fern. « Seule la Commission européenne peut garantir que les échanges commerciaux de tous les États membres sont exempts de violations des droits fonciers et de déforestation. »

Rappelons que la France, les Pays-Bas, l’Allemagne, l’Italie, le Royaume-Uni, le Danemark et la Norvège ont envoyé une lettre aux commissaires européens au début du mois. Ceci, pour leur demander de présenter un plan d’action à l’échelle du bloc pour lutter contre la déforestation. Un plan d’action basé sur une étude de faisabilité publiée par la Commission en mars.

La France présente ses plans de lutte contre la déforestation

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