Marine Le Pen semble faire un retour en force à l’approche des élections du Parlement européen, porté par la frustration croissante suscitée par Emmanuel Macron. Dans une série de sondages récents, M. Macron a vu sa popularité chuter si fortement qu’il est même tombé en dessous de celle de son prédécesseur, le socialiste François Hollande.

Un retournement de situation inattendu

Après sa défaite écrasante contre Macron à l’élection présidentielle de 2017, Le Pen a été affaiblie par une série de problèmes politiques et juridiques. Son parti, le Rassemblement National, a été désorganisé après un certain nombre de dérapages publics, dont la destitution de son vice-président Florian Philippot.

Ses déboires ont été aggravés en juin après que le deuxième plus haut tribunal de l’Union européenne a ordonné à Mme Le Pen de rembourser au Parlement européen 300 000 euros pour avoir utilisé abusivement des fonds européens pour payer une aide qui était basée au siège de son parti à Paris. Bien que Le Pen se soit engagée à faire appel, ce n’est qu’un des nombreux revers financiers qu’elle a connus ces dernières années.

Et pourtant, sa situation politique actuelle a changé. A six mois des élections européennes, les sondages de l’Ifop et d’Odoxa montrent que le Rassemblement National de Le Pen est en pleine effervescence avec le parti centriste de Macron, La République En Marche, qui détient chacun environ 20 % des voix prévues.

Une coalescence de mécontentement

Depuis son entrée en fonction en mai 2017, la cote d’approbation de Macron n’a cessé de chuter pour se situer entre 20 et 25 %. Son image a été ternie par de nombreuses connotations publiques, ainsi que par des accusations selon lesquelles il est le « président des riches », dont la politique bénéficie directement à l’élite aisée du pays.

Dernière preuve de l’impopularité croissante de Macron, un groupe de conducteurs en colère, connu sous le nom de « gilet jaune », a demandé que les routes soient bloquées samedi à l’échelle nationale pour protester contre la décision de son gouvernement, l’année dernière, d’augmenter une taxe directe sur le carburant diesel. Les manifestations ont joué en faveur de Le Pen, dont le RN a la réputation d’être un parti antiétatique.

D’une certaine manière, la résurgence de Le Pen dans les sondages a moins à voir avec elle qu’avec le climat politique général en France. La rhétorique du Rassemblement National et sa position ferme sur l’immigration peuvent également plaire aux électeurs. Une enquête publiée par le Parlement européen en octobre a révélé qu’outre le changement climatique, la lutte contre le terrorisme et le chômage des jeunes figurent parmi les trois premières priorités en France à la veille des élections européennes.

Marine Le Pen gagne en notoriété auprès des électeurs

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